Harry Partch

Au bout du littoral

Depuis 13 ans, l’équipe lausannoise Rip on/off publie des traductions de textes d’artistes sonores. Cette année l’équipe a choisi de traduire les textes d’un vagabond de la musique américaine : Harry Partch (1901-1974). Autodidacte discrédité de l’avant-garde new-yorkaise, oublié des histoires de la musique expérimentale (serait-ce lié ?), il nageait avec bonheur et colère en dehors des courants dominants. Bercé enfant aux sons des chants hébreux, du théâtre chinois et des rituels yaquis, puis sillonnant à pied la Californie, il ne retrouvait pas dans les instruments conventionnels de quoi jouer la complexité des sons du dehors, ni toutes les variations des inflexions du langage. Il construisit ses propres instruments, son propre système de notation en 43 degrés par octave, et prenait par exemple les discours des hobos de San Francisco pour base de composition. Seul jusqu’au bout, il eut une influence considérable chez les explorateurs de la microtonalité (Tenney, Ligeti) et fit aussi communauté autour de lui. L’artiste écologue sonore David Dunn par exemple est un disciple. Le livre que nous vernissons ici est composé des récits de marches et critiques musicales des années 40. Nous passerons le film The Dreamer That Remains, réalisé dans le bain de l’époque par des proches et Partch himself. Loin du documentaire classique, ce trip est, selon Philip Blackburn, une des meilleures entrées (ou sorties !) dans l’univers de Partch.

La parution de ce livre est rendue possible grâce au Master CAP, Hochschule der Künste Bern.

Jeudi 15.10, 18:30, Cinématographe, Cinémathèque suisse, Lausanne

suivi du film

The Dreamer That Remains (28 min.,1972)